TDA ou TTA?

Vous suspectez, chez votre enfant, un trouble du déficit de l’attention. Tous les symptômes semblent concorder. Cependant, après différents examens, on vous dit que ce n’est pas le cas. Alors, docteur, quel peut être son problème?

Votre enfant souffre peut-être d’un trouble du traitement auditif central (TTA), une maladie auditive qui influe sur la manière dont une personne entend les sons qui l’entourent. Une kyrielle de problèmes découlent du TTA : problèmes de l’humeur, troubles comportementaux, difficultés d’apprentissages, etc..



Trop souvent, le trouble du traitement auditif central est confondu avec le trouble du déficit d’attention. Peut-être parce que le TTA est présent, même si l’examen auditif semble normal en premier lieu. Pourtant, on estime un taux que le TTA à un taux de prévalence de 2-3%, chez les enfants d’âge scolaire.

Le trouble du traitement auditif central – TTA

Comme mentionné dans une publication de l’Institut Raymond-Dewar, entendre n’est pas comprendre. Détecter les sons, c’est une chose, mais la reconnaissance et la compréhension de la parole en sont deux autres. Le TTA relève d’une incapacité à analyser correctement et à traiter les sons entendus.

Quelques symptômes en vrac

Les gens qui vivent avec TTA présentent souvent plusieurs de ces symptômes, mais pas obligatoirement la totalité d’entre eux :

  • Antécédent d’otites à répétition
  • Retard sur le plan de la parole
  • Difficulté à suivre les instructions
  • Ne pas sembler entendre lorsqu’il y a du bruit
  • Difficulté à entendre, confondre ou mal comprendre certains mots
  • Être dans la lune
  • Oublier des renseignements
  • Besoin de temps supplémentaire pour comprendre le discours des autres
  • Troubles d’apprentissages
  • Mal entendre des mots et les confondre
  • Difficulté avec l’approche phonétique de la lecture
  • Mauvaise orthographe
  • Distrait
  • Irrité par les bruits ambiants
  • Etc.

Problèmes associés

Il n’est pas rare que l’on retrouve, chez les enfants qui ont un diagnostic de TTA, l’un ou l’autre des problèmes associés suivants. On parle alors de comorbitié.

  • Trouble déficitaire de l’attention (TDAH)
  • Dyslexie
  • Dysorthographie
  • Dyscalculie
  • Différence entre TDA(H) et TTA

Pendant longtemps, une certaine confusion à régné sur le fait que le TTA et le TDAH étaient deux troubles distincts. Aujourd’hui, la preuve n’est plus à faire; il s’agit bel et bien de deux problèmes différents : Le TDA(H) est un déficit global qui n’est pas spécifique à une modalité sensorielle, tandis que le TTA est spécifique à la fonction auditive.

Confirmer un diagnostic de TTA

Il est possible d’évaluer un enfant pour un TTA suspecté, à partir de l’âge de 6 ans. Afin de s’assurer un diagnostic fiable, il est préférable de se tourner vers une approche pluridiciplinaire.

  • En premier lieu, un examen réalisé par un audiologiste qualifié devrait être performé. Ce dernier, tentera d’établir la capacité du sujet à entendre les sons et à les traiter, dans différents contextes.
  • Ensuite, les capacités cognitives et scolaires doivent être évaluées par un psychologue, de manière à écarter des maladies similaires ou tous autres diagnostics.
  • Finalement, il faut se tourner vers un orthophoniste. Il sera en mesure de confirmer si le sujet est en mesure de comprendre ce qu’il entend.

Peut-on guérir un TTA?

Tout comme le trouble du déficit de l’attention, le trouble du traitement auditif ne se guérit pas. Cependant, il est possible de donner à l’enfant des stratégies et des outils pour composer avec le TTA et en atténuer les conséquences négatives. Voilà pourquoi il est conseillé d’avoir un suivi en orthophonie ou en orthopédagogie, après un diagnostic.

Aussi, en classe, différentes mesures peuvent être appliquées pour aider l’enfant à mieux performer : coquilles pour le bruit, iPad, enseignants qui répètent les consignes à son attention, etc.

Un trouble qui n’est pas reconnu par le Ministère de l’éducation

Malheureusement, le TTA n’est pas reconnu par le Ministère de l’éducation et de ce fait, les enseignants ne sont pas tenus d’appliquer des plans d’intervention pour supporter les élèves et aucune commodité ne peut être autorisée lors des examens ministériels.

 

Sources : Raymond-Deware, Lobe et EsantéMentale.

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