Quand l’un des parents rejette le diagnostic

Le diagnostic du trouble du déficit de l’attention (TDA\H), chez l’enfant, amène toujours une traînée de questions et de craintes. Dans son sillon, il révèle aussi quelques membres de l’entourage qui ne « croient pas à cette nouvelle maladie ».

Lorsque ces personnes sont des parents proches, des amis ou des connaissances, c’est épuisant et contrariant. Cette situation peut même pousser certaines familles à l’isolement ou à percevoir un sentiment d’abandon. Mais ce qui est pire, c’est lorsque l’autre parent (souvent le père en cas de TDAH), nie le diagnostic.

Mon enfant, mon miroir

Les raisons pour lesquelles un parent refuse d’admettre le trouble de son enfant sont nombreuses, à commencer par l’effet miroir. On sait que dans près de 50% des cas de TDAH, l’un des deux parents souffrira également du trouble. Si certains ont déjà un diagnostic en main, les autres auront soudainement un genre de révélation : « voilà pourquoi mon parcours scolaire était fastidieux, pourquoi on disait que j’étais une tornade, etc. ». C’est réaliser ses propres faiblesses. Paradoxalement, le parent aura tendance à tenir un discours du genre : « Si j’ai pu réussir dans la vie sans médication, je ne vois pas pourquoi lui (lire mon enfant) ne pourrait pas ».

Le deuil de l’enfant parfait

Admettre que son enfant n’est pas celui espéré et qu’il n’est pas « parfait » peut s’avérer, chez certains parents, un exercice très douloureux. Le deuil de cet enfant imaginé et rêvé peut prendre du temps. Lors de ce processus d’adaptation, le parent peut donc se braquer contre le diagnostic, entrer dans une phase de déni et même refuser d’entreprendre quelques démarches que ce soit dans le but d’aider son enfant.

Un trouble mal compris

Il y a beaucoup de stigmatisation autour du trouble du déficit de l’attention et souvent, le TDAH est mal compris. Le parent qui « ne croit pas » au diagnostic peut simplement avoir besoin d’éducation.  Et c’est là que le rôle du professionnel de la santé prend toute son importance : il doit être en mesure d’expliquer aux parents le diagnostic, avec des mots simples, prendre le temps d’écouter leurs questions et leurs craintes, etc. Ce n’est pas « une maladie inventée », l’enfant n’est pas paresseux ou moins intelligent… il souffre.

Les enfants sont les seuls à payer

Lorsque l’un des deux parents (ou pis, les deux) ne croit pas en la validité du diagnostic, c’est l’enfant qui écope en bout de ligne : Le parent qui résiste ne sera pas disposé à appliquer les stratégies d’éducation et d’apprentissage qui sont proposées pour aider l’enfant TDAH et la compassion fera place à la frustration et aux punitions ce qui ne fera qu’augmenter l’anxiété et l’opposition des enfants TDAH (pour ne nommer que ces deux syptômes).

Si votre conjoint (e) ne semble dans une phase de déni et qu’il est incapable d’affronter le diagnostic de TDAH, il est important de faire appel à différentes ressources pour l’aider à transgresser ses barrières, le bien-être de votre enfant en dépend.

Voici quelques outils pour aider à comprendre et mieux vivre avec le TDAH, sans exclure la visite chez un professionnel de la santé  :

Comprendre le TDAH : Guide pour les parents et les patients.

Association Québécoise des Neuropsychologues.

10 questions sur le TDAH… chez les enfants et les adolescents.




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