Lou Lalune et les Covidiens, une histoire d’espoir

#çavabienaller

Mon nom est Lou, Lou Lalune. J’ai 9 ans, même pas presque 10, et je déteste les voyages qui ne mènent nulle part. Ça tombe mal, parce que ma famille et moi, on vient tout juste d’embarquer à bord d’un stupide vaisseau appelé La Quarantaine. Mais il ne faut pas s’inquiéter dit maman, notre voyage ne durera que le temps d’un aller-retour sur la planète rouge. Pfff! aussi bien dire une éééééternité.

La vérité vraie, c’est que nous ne sommes pas des voyageurs. Non, nous flottons dans le noir total parce que nous sommes des fugitifs! Maman a beau chanter et inventer mille jeux pour nous divertir, il n’y a rien à faire, je le sens : c’est la catastrophe! Je ne reverrai plus jamais mes amis, c’est fini.

Les Covidiens (de sournois petits pois à l’appétit féroce) ont envahi notre planète, dévorent les papiers de toilette et boivent tous les hydrogels désinfectants. On peut dire qu’ils n’ont vraiment pas perdu de temps. En un mois, ils ont carrément viré la planète sens dessus dessous.

Maman dit que lorsqu’ils n’auront plus rien à manger, ils finiront par repartir comme ils sont arrivés. À condition, bien sûr, que les habitants les plus entêtés (ceux restés sur terre) cessent de les nourrir. Parce que, s’ils continuent, je pourrais bien fêter mon prochain anniversaire enfermé dans La Quarantaine. Allez, les gens! Embarquez dans vos vaisseaux spéciaux et aidez-nous à affamer cette bande de petits pois qu’on en finisse!

Qui aurait dit qu’un jour je m’ennuierais de l’école et de monsieur Obis? Il faut dire que, entre les murs de La Quarantaine, les jours et les nuits commencent un peu à se ressembler…

La semaine dernière, maman m’a donné quelques trucs pour cultiver ma patience, mais je trouve que ça met trop de temps à pousser. En même temps, ce n’est pas comme si j’avais autre chose à fabriquer…

Le front collé au hublot de La Quarantaine, je regarde tous ces autres engins qui entrent dans la danse et, je n’avais jamais remarqué, il y en a plus que je ne suis capable d’en compter. Nous ne sommes pas seuls! Nous sommes des milliards, chacun confiné dans nos petits vaisseaux à vivre la même aventure imposée, mais unie par une même force : l’espoir.

Soudain, transperçant l’opacité de cette nuit qui ne semblait jamais vouloir finir, un arc-en-ciel déchire le ciel. Maintenant, j’en suis convaincu : ça va bien aller.

 

 

 

 

 

 

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