C’est la faute à la mémoire de travail

Erreurs d’inattention, petits ou grands oublis, désorganisation dans le travail, la pensée qui saute du coq à l’âne pendant une lecture ou une conversation… tout ceci est l’apanage du quotidien chez ceux qui souffrent d’un déficit d’attention (jeunes ou adultes). Et cette fois, on peut rejeter une partie du blâme sur la mémoire de travail puisque l’attention et la mémoire, sont deux autoroutes vers l’apprentissage.

Le traitement de l’information se fait en trois étapes :

#1 –  L’encodage : les 5 sens perçoivent des informations (des stimulus) transmissent au registre sensoriel et conservées pour une très courte période.

L’encodage peut être perturbé par certaines variables, dont un manque d’attention, l’anxiété ou la dépression, par exemples. Les trucs mnémotechniques et les associations peuvent aider à faciliter l’encodage.

#2- Le stockage : pour ne pas perdre l’information apprise, elle doit être gravée de manière permanente dans la mémoire. Le cerveau, sans qu’on s’en rendre compte répéter l’info, jusqu’à ce qu’elle soit indélébile et qu’elle puisse perdurer dans le temps. On appelle cette fonction la consolidation et pour lui donner un coup de pouce, on peut se représenter l’information sous différents angles, répéter ou utiliser des acronymes, à titre d’exemples.

#3 – Le rappel : bien enfouie dans la mémoire à long terme, le rappel est la capacité à récupérer de l’information gardée en mémoire. La facilité et l’aptitude à extraire les informations, sont influencés par les stratégies utilisées lors de l’encodage.

La mémoire de travail

Parallèlement, on retrouve la mémoire de travail qui est une mémoire à court terme. Elle ne peut retenir qu’une petite quantité d’informations et nous permet d’exécuter d’autres tâches cognitives élevées (Gathercole, Alloway, Willis et Adam, 2006). Grâce à elle, on peut se souvenir d’un numéro de téléphone, ne pas perdre le fil d’une discussion et se souvenir ce qui était écrit au début du menu. Même si d’ordinaire les informations retenues par la mémoire de travail sont censées être oubliées rapidement, il arrive qu’ils soient gravés dans la mémoire à long terme. On parle alors d’un événement marquant ou d’une information répétée de nombreuses fois.

Selon le modèle de Barkley (1997), le TDAH aurait des répercussions sur l’internalisation du langage, l’autorégulations des motivations et de l’éveil, la capacité à organiser de l’information et la mémoire de travail. À cet effet, « 2le déficit engendré au niveau de la mémoire de travail pourrait rendre le sujet perméable à l’intrusion d’informations non pertinentes pour l’exécution de la tâche, ou encore pourrait être à l’origine du maintien d’informations n’étant plus pertinentes pour cette exécution. » La mémoire de travail, serait donc à la bourre.



Une mémoire de travail, est-ce que ça s’exerce ?

Une 1édude a en effet démontré l’efficacité de certains logiciels, comme Cogmed, un programme qui stimule la mémoire de travail, par le biais d’exercices cognitifs informatisés et élaborés par des neuroscientifiques.

Pour donner un petit coup de pouce à la mémoire de travail, outre le logiciel mentionné ci-haut, voici quelques tucs :

Lors d’une discussion ou lorsque des consignes sont données, apprenez à l’enfant à demander à l’interlocuteur d’y aller de courtes explications, de formuler des phrases succinctes, de répéter les informations, d’employer des mots simples et si possible, d’accompagner les explications d’images.

Pour les apprentissages scolaires, découper le travail à accomplir en plusieurs étapes, répéter, utiliser les trucs mnémotechniques et apprendre diverses techniques de relaxation afin de rester concentré, ne sont que quelques trucs à mettre en place.

Tucs et astuces supplémentaires

Pour connaître d’autres stratégies afin de survivre aux examens et favoriser l’apprentissage, lisez notre article spécial publié sur Mamanpourlavie.com.



 Nos sources :

1 L’entraînement de la mémoire de travail par le programme Cogmed et le TDAH

2 Difficulté d’apprentissage de l’enfant TDAH

Les élèves en difficulté d’adaptation et d’apprentissage – Georgette Goupil, Chenelière éducation

CanLearn Society

Le Centre de réadaptation fonctionnelle neurologique ambulatoire pour adultes

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