Ces enfants qui violentent leurs parents – Le dernier tabou

Ce n’est pas parce que le sujet est très peu discuté, que la problématique n’existe pas. Les parents, victimes de leur enfant, sont plus nombreux qu’on pourrait le suspecter. Jusqu’à 14% d’entre eux seraient, un jour ou l’autre, victimes de violences physiques infligées par leur progéniture. Un chiffre qui donne froid dans le dos.

Derrière les portes closes, certains parents sont donc tyrannisés par leur enfant et vivent dans la peur constante des prochaines représailles. Aucune famille n’est à l’abri, puisque les enfants violents (mêmes si certains facteurs peuvent favoriser ce comportement) sont issus de tous les milieux. Il n’y aurait pas, selon les présentes études, de portrait type.

La violence faite aux parents se décline en trois visages

• La violence psychologique qui se caractérise par des injures, la fugue, des affronts à répétition, des menaces, de l’intimidation, de l’humiliation, etc.

• La violence physique : bousculades, gifles, coups de poing, etc.

• L’exploitation financière : le vol, les emprunts qui n’en sont pas, forcer le parent à acheter des choses trop dispendieuses, etc.

Il est donc clair que la violence, sous toutes ses formes, dépasse largement les quelques cris virulents lâchés au visage de son parent, lors d’une prise de bec. Il s’agit de comportements répétés et persistants dont l’intensité, généralement, va en augmentant.

Filles ET garçons

Contrairement à ce que l’on serait tenté de croire, les enfants violents sont aussi nombreux chez les filles que les garçons. Par contre, les spécialistes dénotent, chez la gente féminine, une augmentation de ces comportements. Ce qui diffère, d’un genre à l’autre, c’est la forme que prend la violence. Si les adolescents sont plus enclins à utiliser la violence physique, les adolescentes quant à elles, utiliseront plus la violence psychologique.

Les mères monoparentales, les premières victimes

Bien que pères et mères soient tous deux des victimes potentielles, les chiffres démontrent que mères monoparentales sont plus nombreuses à être victimes de leur enfant. Toute la famille subit les contrecoups de cette violence, puisqu’il n’est pas rare que l’adolescent-agresseur s’en prenne également à la fratrie et même (dans certains cas) aux animaux domestiques.




Comme mentionnés précédemment, les enfants agresseurs proviennent de toutes les classes sociales. Le contexte social et familial; les enfants, eux-mêmes victimes de sévices physiques, psychologiques, sexuels; la consommation excessive de films violents; le désengagement parental dans l’éducation; les parents trop permissifs; etc.; tous ces facteurs peuvent favoriser la violence chez les enfants, mais ne sont pas déterminants.

Dès la petite enfance

Certains spécialistes soulèvent l’hypothèse que les colères persistantes pendant la petite enfance pourraient être les premiers symptômes de comportements violents, à l’adolescence. Voilà pourquoi il est primordial d’apprendre aux petits à gérer et reconnaître leurs émotions et à ne pas se laisser envahir par celles-ci.

TDAHI – TOP – TC / Plus grande prévalence de violence

Chez les enfants qui souffrent d’un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité et impulsivité (TDAHI); d’un trouble oppositionnel avec provocation (TOP) ou d’un trouble de conduite (TC), la prévalence d’agressivité est beaucoup plus élevée. Ils ont donc plus de risques d’avoir des comportements agressifs et/ou violent. Pourquoi? Parce que de par leur nature, ces troubles empêchent l’enfant d’avoir le plein contrôle de soi.

Afin de prévenir les comportements violents à l’adolescence, il est suggéré de consulter des professionnels de la santé afin d’adopter des stratégies de gestions de la colère, dès la prime enfance. Les parents peuvent, également, se tourner vers des ressources extérieures afin d’obtenir de l’aide pour perfectionner leur approche parentale.

Vous êtes victimes de violences ou croyez l’être? Ne restez pas seuls. Voici quelques ressources pour vous aider.

• Si votre adolescent (e) vous menace physiquement, vous inflige des sévices corporels, vous vol, ou autres, vous pouvez appeler la police.

• Si votre enfant à moins de 18 ans, vous pouvez faire un signalement au Département de la protection de la jeunesse (DPJ).

• Si vous êtes une mère, vous pouvez vous tourner vers les centres pour femmes violentées.

• Joignez-vous à un groupe de soutien.

Trousse d’urgence

Police : 9-1-1
DPJ : Selon votre région, les numéros sont ici.
Lignes Parents : 1-800-361-5085
Entraide parents : 418-684-0050
Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, pour trouver une résidence près de chez vous, c’est ici.


Sources : Gouvernement du Canada, Québec Portail Santé Mieux-Être, Association canadienne d’éducation de la langue française,

 


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