Mes enfants, Nice, la France et des doutes

Mes enfants ont un côté fleurdelisé, un côté tricolore. Ici, au Québec, ils ont un accent pointu. Là-bas, en France, ils ont un drôle d’accent. Ils sont les fruits d’un joli métissage de nos deux cultures. L’océan et la distance, pour eux, ça n’existe pas. Pour mes enfants, la France c’est chez Mamie, point à la ligne.

Dans 14 dodos, ils s’envoleront pour leurs vacances estivales : Trois semaines avec papa, 21 jours chez Mamie et autant de jours à me morfondre. Et si ?

S’il fallait qu’ils soient les xième victimes d’attentats sordides… Mes tripes me disent de les garder, ici, bien au chaud à l’abri des bombes, des coups de mitraillettes et des camions fous. Puis je me ravise. Je me rassure avec des statistiques. Malheureusement, l’effet placébo des statistiques ne dure qu’un bref instant et je retourne aux scénarios catastrophes.

Mais… cette deuxième maison, cette France, mes enfants l’aiment. Je l’aime. Et par amour, nous ne seront pas les victimes collatérales de ces actes haineux et insensés, ressentant la peur et l’incompréhension. Par amour pour la France et parce que de les retenir ici serait comme capituler et donner un morceau de victoire à ces êtres qui ne méritent ni de noms, ni de qualificatifs, mes enfants passeront le reste de leurs vacances à Paris, à Toulouse et à Nice. Et moi, moi, je frémirai d’angoisses.

Demain matin, lorsqu’ils me demanderont pourquoi la France, je leur répondrai parce que les mots égalité, fraternité et liberté ne vivent trop souvent qu’en théorie. Lorsqu’ils me demanderont si c’est dangereux en France, je leur répondrai que la peur est beaucoup plus dangereuse. À elle seule, la peur risque d’effacer l’égalité, la fraternité et la liberté.

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